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La création littéraire au Québec

jeudi 3 mai 2012, par Dominic Trudel   1

Saviez-vous que le 23 avril dernier était la journée mondiale du livre et du droit d’auteur ? Difficile de mettre en valeur le livre et l’importance du droit d’auteur lorsque l’attention est manifestement accaparée par le tumulte entourant la hausse des frais de scolarité. Mauvais « timing », comme on dit ! Pourtant, en cette fin d’avril…

Le CALQ vient de publier le bilan du premier Forum sur la création littéraire au Québec qui s’est tenu il y a tout juste un an, en mai 2011. Organisé par le CALQ, en collaboration avec le MCCCF, le Conseil des arts du Canada (CAC), la BAnQ et le Conseil des arts de Montréal (CAM), ce forum, ayant rassemblé plus de 200 intervenants du milieu de la littérature et du conte, aura permis de faire le point sur la création littéraire d’aujourd’hui, allant des conditions de vie des créateurs, jusqu’au défi numérique, en passant par la diffusion et la circulation d’œuvres tant au Québec qu’à l’étranger, ainsi que par les nouvelles pratiques littéraires telles que le « Spoken word », le slam et le spectacle littéraire relevant plus de la performance que de l’écrit. Bien qu’orchestré par le CALQ, le Forum a permis d’énoncer des recommandations dépassant largement ses compétences. Des idées et des pistes d’action, il y en a pour tout le monde ! Il y a tant à faire : des lois sur lesquelles s’entendre, des programmes à mettre en place, des mesures à instaurer, une éducation à faire, un lectorat à développer, de nouvelles technologies à apprivoiser… Le milieu littéraire s’est exprimé. Ses propos sont articulés et porteurs de sens, mais pour se concrétiser, les actions souhaitées devront pouvoir compter sur la volonté politique et sociale de faire avancer les choses. Ce ne sera pas simple !

Les gouvernements québécois et canadien sont interpellés par plusieurs enjeux, notamment pour revoir et harmoniser différentes lois provinciales et fédérales. L’adoption imminente de la loi C-11, vertement critiquée — et pas seulement au Canada, car même Antoine Gallimard, le patron de la maison d’édition française Gallimard s’est adressé aux médias en dénonçant le projet de loi canadien — me laisse croire que nous sommes bien loin d’une harmonisation des lois, ne serait-ce qu’en matière de droits d’auteur.

Pendant ce temps, comme le démontrent les données de 2008 de l’Observatoire de la culture, le revenu médian que touche un écrivain de la création littéraire est de 2 450 $. Invité par le Service de formation continue et de développement professionnel du CMCC lors d’un dîner-conférence en novembre dernier, François Colbert, titulaire de la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, a poussé plus loin la réflexion : pour que chaque auteur canadien touche un revenu annuel de 30 000 $, chaque famille canadienne devrait acheter, chaque année, 50 livres neufs d’auteurs canadiens. Mais, au Canada, l’achat de livres neufs, qu’ils soient d’écrivains canadiens ou non, ne totalise que 4 livres par famille.

Avec le premier Forum sur la création littéraire, le CALQ a permis la réalisation d’un exercice important, duquel il puisera sans doute l’inspiration pour de futures interventions. Reste à voir maintenant qui saura porter la réflexion aux autres intervenants concernés.

De mon côté, je réfléchis aux propositions qui pourraient trouver écho en Montérégie, soit, l’instauration de résidences d’écriture, la mise en place d’une maison régionale de la littérature et du conte, ainsi que la création d’espaces de diffusion littéraire.

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