(Communiqué émis par le Regroupement québécois de la danse)
Le Regroupement québécois de la danse lance un appel pressant aux partis en lice dans la présente campagne électorale. Alors que le gouvernement Harper a confirmé que les coupures des programmes PromART et Routes commerciales seraient maintenues, et devant la perspective qu’aucune mesure ne soit mise en place dans les délais requis, que comptez-vous faire, si vous êtes élus, pour sauver du naufrage nos compagnies de danse et avec elles plusieurs centaines d’interprètes, de concepteurs et de travailleurs de la danse ?
Les résultats publiés à la une du Devoir du 18 novembre 2008 d’un sondage effectué par CINARS auprès de 45 compagnies québécoises oeuvrant en arts de la scène, dont plusieurs compagnies de danse, ont de quoi sonner l’alarme. Les chiffres donnés en exemple illustrent à souhait les conséquences dramatiques, et imminentes, des coupures effectuées par le gouvernement fédéral dans les programmes de soutien à la diffusion internationale et au développement des marchés. Dans le cas de la Compagnie Marie Chouinard, c’est près de la moitié des représentations prévues en 2009 sur la scène internationale qu’il faudra oublier, à cause d’un manque à gagner de 200 000 dollars provenant du gouvernement fédéral pour amortir les coûts des transports, perdiem, taxes, permis, etc. Même cas de figure pour les Grands Ballets Canadiens de Montréal qui, sans les 250 000 dollars qu’ils avaient prévu obtenir auprès du gouvernement fédéral, devront revoir sérieusement leur projet de tournée en Europe, au printemps 2009. Pour quatre autres compagnies de taille intermédiaire, réunies au sein du consortium Art Circulation (Cas public, Danse-Cité, Montréal Danse, Louise Bédard Danse), ce sont 40 représentations qui sont en cause et une perte de revenus de plus de 400 000 dollars.
Les chiffres provenant d’autres compagnies qui ont répondu au sondage réalisé à l’interne par le RQD (Par B.L.eux, [bjm_danse] les Ballets jazz de Montréal, La La La Human Steps, O Vertigo, Kondition Pluriel, Fortier Danse-Création, PPS Danse), indiquent que les pertes de revenus en diffusion internationale, incluant les investissements des coproducteurs étrangers, affecteront l’ensemble du cycle de recherche, création, production pour les trois prochaines années, les revenus étrangers ayant permis jusqu’à maintenant de compenser l’insuffisance des subventions versées au fonctionnement des compagnies de danse québécoise. Dans le même sondage, les compagnies mentionnent qu’elles devront réduire le nombre de semaines de travail pour les interprètes, couper dans des postes administratifs et dans les dépenses de promotion et de mise en marché. Dans certains cas, on évoque l’incapacité de poursuivre ses activités au-delà de l’année qui vient…
Nous nous attendons à ce que les partis en lice dans la présente campagne prennent la situation en mains et qu’ils énoncent clairement ce qu’ils entendent faire, au lendemain des élections, pour préserver l’économie de la danse, et plus largement de l’ensemble du secteur des arts de la scène. Vous avez tous, sauf exception, lors de la campagne fédérale, défendu l’importance de soutenir les arts et la culture dans notre société. Le temps est venu d’en faire la preuve concrètement.


