Sur la bonne voie

En attendant un automne qui s’annonce chaud, entre la poursuite des travaux autour de la Politique culturelle et les élections municipales, Culture Montérégie vous livre une brève analyse du projet de Politique culturelle déposé, en juin dernier, par le ministre de la Culture et des Communications, M. Luc Fortin.

Dans l’ensemble, nous ne pouvons que nous réjouir de son contenu. La majorité des enjeux primordiaux pour un sain et juste développement de la culture québécoise sont présents : le soutien à la création, la main-d’œuvre, l’éducation culturelle, la diversité, les régions, la philanthropie, etc. En fait, il ne manque que peu de choses, car le document ratisse très large (trop?) dans une optique certaine de rallier le plus grand nombre et de ne pas attiser les critiques.

Restons vigilants

Culture Montérégie appelle tout de même à une certaine vigilance. Même si les enjeux abordés sont louables, il apparaît que le MCC semble souvent garder une distance et ne démontre pas toujours la volonté d’un réel engagement. Certaines sections du texte restent vagues et tiennent plutôt de l’ordre du constat que de l’engagement ou de la solution. On aurait souhaité un document avec plus de mordant dans lequel le MCC assumerait clairement un rôle de leadership à l’égard des enjeux culturels qu’ils priorisent.

Les régions sont bien présentes dans le document et la volonté d’une équité sur le territoire est clairement nommée. Cependant, on reste étonné à la lecture de l’orientation 3, intitulée « Dynamiser la relation entre culture et territoire », où l’on dénote une vision des régions rétrograde et régionaliste liée à la tradition et aux savoir-faire plutôt qu’à leur capacité d’innovation, de création et, disons-le, de résilience. De plus, bien qu’il soit question d’équité, on ne pressent pas de volonté affirmée d’augmenter le soutien aux régions. La mise en œuvre de cette politique dans les régions reste un défi considérable que rien dans le texte ne vient camper. Mais bon, laissons une chance au coureur et espérons que le plan d’action saura combler ce flou et nous convaincre. 

Avoir les moyens de ses ambitions?

La question cruciale et qui est sur toutes les lèvres des acteurs du milieu culturel reste sans contredit : est-ce que le gouvernement aura les moyens de ses ambitions? Mettre en place tout ce que contient cette politique demandera des moyens considérables principalement financiers, mais aussi en mesures, programmes et ressources humaines. Devant cette tâche titanesque, nous réitérons notre volonté de travailler en collaboration avec le MCC et ses partenaires pour contribuer à sa réussite.

Quoi qu’il en soit, nous sommes conscients que ce document n’est qu’un projet et qu’il sera peaufiné à la lumière des consultations nationales qui auront lieu début septembre. Nous devons aussi prendre en considération qu’il sera accompagné d’un plan d’action qui viendra, quant à lui, définir le déploiement et la mise en œuvre de la politique de manière concrète. C’est là que l’on verra véritablement où loge le gouvernement du Québec.

Effet mobilisateur

Au-delà des mots et des documents officiels, l’effet mobilisateur que le chantier de cette politique a créé dans le milieu culturel est particulièrement intéressant, voire historique. Depuis plus d’un an et à l’échelle du Québec, le milieu se concerte, discute, analyse, réfléchit, rêve, que ce soit par champ disciplinaire ou de manière transversale. La naissance de la Coalition, la Culture le cœur du Québec en est un exemple éloquent. Quelle que soit la teneur de cette Politique culturelle et de son plan d’action, il restera toujours les fruits de cette phénoménale concertation du milieu.

Franck Michel

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