Les arts et la santé, un maillage gagnant à construire

 

Le 5 octobre dernier se tenait, dans le petit village de Saint-Camille en Estrie, une journée autour de la thématique des arts et de la santé. Réunissant plusieurs intervenants du milieu communautaire, de la santé et de la culture, cette journée a été riche en échanges et en réflexions. Les intervenants ont montré de manière éloquente l’impact des arts sur la santé; chiffres, études et expériences terrain à l’appui.

Des effets positifs sur la santé physique, mentale et psychosociale

Dans sa conférence d’ouverture, Mme Mélissa Généreux, directrice de la santé publique CIUSSS de l’Estrie – CHUS, proposait un tour d’horizon, à partir de diverses études, des nombreux effets positifs de la pratique et de la consommation des arts tant sur la santé physique, mentale que psychosociale. Elle nous apprenait, entre autres, que la musique possède la capacité de baisser le rythme cardiaque et respiratoire, de réduire le stress et l’anxiété, et d’augmenter la sensation de bien-être. Les arts visuels, quant à eux, aident la guérison après un accident, réduisent le stress, le risque de dépression et les émotions négatives. Ils favorisent l’identité positive et la spontanéité. Pour sa part, l’écriture peut aider à réduire la douleur, la fatigue, les problèmes de sommeil et augmente le bien-être psychologique. En ce qui concerne plus précisément les arts et la petite enfance, il a été prouvé que chanter, danser, jouer de la musique ou dessiner agit positivement sur le développement social et émotionnel de l’enfant. Ce ne sont là que quelques exemples significatifs, la liste pourrait être beaucoup plus longue.

Mme Généreux a aussi présenté deux études aux résultats surprenants. La première, réalisée en Suède entre 1990 et 2003, auprès de 9011 Suédois de 25 à 74 ans, a démontré que « les personnes en régions urbaines qui fréquentent rarement ou peu souvent le théâtre, les spectacles de musique et d’autres événements culturels ont 3 fois plus de risques de décéder d’un cancer que les personnes qui fréquentent ces activités. » Une autre étude, réalisée en Norvège auprès de 1450 adolescents, entre 1995 et 2008, a démontré que « chez les filles, une participation à des activités cultuelles (mais pas la participation à des activités sociales) est associée à un plus faible tour de taille et un plus faible ratio taille-hanche. »

Vers la culture comme une saine habitude de vie

Malgré ces démonstrations probantes et les pratiques exemplaires de quelques organismes, trop rares sont les occasions où les milieux de la santé et de la culture sont amenés à se côtoyer et à travailler ensemble. Au terme de cette journée, on constate qu’il est indispensable d’apprendre à mieux se connaître, à mieux se comprendre et de multiplier les occasions de collaborer. Souhaitons que l’État et le milieu de la santé valorisent et reconnaissent les effets positifs des arts sur la santé, puis qu’ils adoptent des mesures qui en favorisent la documentation, l’étude et le développement. La reconnaissance officielle, dans la nouvelle Politique culturelle du Québec, de la culture comme une saine habitude de vie, au même titre que le sport et l’alimentation, serait un premier pas dans la bonne direction.


Références pour quelques-unes des études citées par Mme Généreux :

MENZER, Melissa. The arts in early childhood: social and emotional benefits of arts participation, a literature review and gap-analysis (2000-2015), Office of Research & Analysis, National Endowment for the Arts, États-Unis, décembre 2015.

CUYPERS, K. et al. In the presence of susceptibility genes for obesity: risk or resilience against overweight in adulthood?, UNT Research Center, Department of Public Health and General Practice, Faculty of Medicine, Norwegian, University of Science and Technology, 2012.

BYGREN, L.  et al. Attending Cultural Events and Cancer Mortality: A Swedish Cohort Study, Arts & Health 1, no. 1 (March 2009): 64–73. https://longitudinalhealthbenefits.wordpress.com/

STUCKKEY, H. et al, The Connection Between Art, Healing, and Public Health: A Review of Current Literature, American Public Health Association, 2010.

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