Le financement de la culture en Montérégie : une analyse préoccupante

Culture Montérégie est très fier de publier l’édition 2017 de l’étude sur le financement de la culture en Montérégie. Ce remarquable travail de veille, de collecte de données et d’analyse a été réalisé par Isabelle Menier, agente de documentation au sein de notre équipe. Ce document dresse un portrait du financement de la culture sous différents aspects en Montérégie, mais aussi à l’échelle du Québec.

En 2013, lors de la publication du Financement de la culture en Montérégie – mise à jour 2010-2011, nous avions conclu en nous donnant pour objectif de suivre l’évolution de la situation dans les années à venir. Depuis ce temps, six instances qui participaient au financement de la culture dans la région ont disparu, soit les trois CRÉ et les trois Forums jeunesse, sans compter la succession de quatre ministres de la Culture. Ces disparitions et cette instabilité ont eu des incidences négatives évidentes sur le financement de la culture comme le démontrent les données de cette étude. Elles ne sont pas les seules en cause, mais elles sont parmi les plus importantes.

Un financement en perte de vitesse

Du côté de l’administration publique québécoise, les dépenses directes en culture dans la région ont subi une baisse depuis 2010-2011. Les données de 2014-2015 montrent bien une hausse par rapport à 2013-2014, mais cette progression est occasionnée par la hausse des dépenses internes. Les dépenses externes, quant à elles, ont continué de diminuer, passant de 23 193 700 $*, en 2013-2014, à 22 490 000 $, en 2014-2015. Un recul de -3,03 % en dollars courants et de -6,35 % en dollars constants.

De plus, d’après les données que nous avons obtenues, l’année 2015-2016 marque une troisième année de recul de suite pour le total des sommes versées par le ministère de la Culture et des Communications (MCC) dans la région, même si une partie s’explique par un transfert des programmes pour les centres d’exposition et les diffuseurs multidisciplinaires au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

La Montérégie se classe cependant souvent au 3e rang des sommes versées par les subventionnaires lorsqu’on la compare aux autres régions administratives québécoises. Malheureusement, cette comparaison devient beaucoup moins reluisante lorsqu’on ramène les données en dollars par habitant.

Une position peu enviable

En 2014-2015, la Montérégie se retrouvait au 16e et avant-dernier rang du palmarès des dépenses par habitant selon les régions, tout comme dix ans auparavant, en 2005-2006. En 2014-2015, la région a reçu 17,39 $ par habitant, ce qui est plus qu’en 2013-2014, mais moins qu’en 2012-2013. Il faut en fait remonter aux années précédant 2009-2010 pour obtenir un montant par habitant plus bas, et ceci, en dollars courants.

La région ne se classe pas très bien non plus pour ce qui est des dépenses culturelles en services rendus des municipalités en dollars par habitant, arrivant au 7e rang. Le portrait est d’ailleurs similaire en ce qui a trait à l’investissement des partenaires locaux dans les ententes régionales du CALQ, la Montérégie ne se classant, au mieux, qu’au 10e rang entre 2013-2014 et 2015-2016.

Une lueur d’espoir

Certaines données sont tout de même encourageantes. La croissance des dépenses de l’administration publique québécoise a été plus élevée en Montérégie que dans la majorité des autres régions au cours de la dernière décennie, même si cela n’est pas encore apparent dans les comparaisons en dollars par habitant. De plus, l’analyse des données récentes de certaines instances indique aussi une remontée du financement, après quelques années de baisse, notamment au CALQ et au Conseil des arts du Canada.

Depuis 2010-2011, bien qu’il n’y ait pas eu de coupes importantes, la situation s’est dégradée sous certains aspects et le retard de la Montérégie est loin d’être comblé. Si quelques signes positifs pointent à l’horizon, nous devons rester vigilants et observer leur évolution dans les années à venir.

Démontrer ses besoins

Étonnamment, notre analyse révèle que certains programmes existants s’avèrent sous-exploités, ce qui indique que le milieu est parfois peu demandeur. Or, plus le nombre de demandes déposées est élevé, plus les instances subventionnaires sont au fait des véritables besoins de financement en culture en Montérégie, et plus les chances que le financement augmente sont grandes. Ainsi, assurez-vous d’être proactifs en faisant part de vos besoins aux instances concernées, notamment en répondant aux appels de dossiers et de projets. Soyons conscients que nous avons toutes et tous un rôle à jouer pour que la situation s’améliore. Ensemble, on peut toujours faire mieux.

Franck Michel et Isabelle Menier

* 24 013 871,96 $ en dollars constants de 2014. Source : www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation

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