Ancrage local et création de valeur

La libéralisation des marchés, l’efficacité des moyens de transport et le développement des technologies de l’information ont permis l’expansion des échanges à la grandeur de la planète. Le monde est devenu l’immense terrain de jeu du développement des affaires de plusieurs entreprises.

En feuilletant les journaux récemment, j’ai découvert la nouvelle exposition temporaire du Musée du Haut-Richelieu Histoires d’entreprises – Ils ont nourri Saint-Jean. Cette exposition retrace l’évolution technologique de sept secteurs de l’alimentation au Québec à travers l’histoire locale, c’est-à-dire celle des commerces tenus par des Johannais.

Nos milieux de vie se sont développés autour d’entreprises ancrées dans le territoire et intrinsèquement liées à notre patrimoine et à notre culture. Avec la mondialisation, il semble que ce lien culture-affaires est en train de s’amenuiser. Pourtant, l’ancrage local constitue une clé importante pour favoriser la création de valeur économique.

Faire sa place dans l’écosystème territorial

L’association française ORÉE, dont le mandat consiste à favoriser la mise en place d’une dynamique environnementale au service des territoires, a publié en 2017 le guide S’ancrer dans le territoire pour gagner en performance.

Vous n’êtes pas sans savoir que la responsabilité sociale de votre entreprise (RSE) et vos engagements en développement durable se répercutent sur votre performance économique.

Il y a différents niveaux d’ancrage: passif (se contenter d’exercer ses activités); productif (s’adapter aux besoins locaux); contributif (s’engager localement avec une vision «gagnant-gagnant»); et interdépendant (devenir un acteur collectif et coopérer avec les parties prenantes de sa communauté pour coconstruire la richesse et renforcer sa propre capacité d’innovation).

Ce dernier niveau renferme le plus haut potentiel de création de valeur pour l’entreprise. En effet, les travaux d’ORÉE ont démontré que plus celle-ci s’engage dans son territoire par des actions concrètes, plus elle augmente sa capacité à innover et plus elle accroît ses parts de marché, localement et globalement.

Au-delà des retombées pour l’entreprise, l’écosystème territorial se veut un espace de solidarité pour le bien-être de la communauté. Après tout, c’est ensemble que nous façonnons l’histoire de demain. Quel patrimoine nous apprêtons-nous à léguer?


Dans le cadre d’une entente avec le Courrier du Sud, Sabrina Brochu, agente de développement et de services aux membres à Culture Montérégie, et responsable du projet Arts Affaires Montérégie, publie chaque mois une chronique arts affaires. Avec la permission de l’hebdomadaire, nous les regroupons ici pour consultation. Bonne lecture!