Appel de dossiers – ORANGE, Lʼévénement dʼart actuel de Saint-Hyacinthe, 6e édition

Présenté du 15 septembre au 28 octobre 2018
La 6e édition de ORANGE, L’événement dʼart actuel de Saint-Hyacinthe, se tiendra en septembre et octobre 2018. Pour lʼoccasion, ORANGE confie la direction artistique aux jumelles Isabelle et Marie-Ève Charron. Fort de ses expertises combinées, le duo veut permettre un arrimage plus grand entre les pratiques artistiques, les acteurs agricoles et la communauté scientifique
agronomique. Les commissaires proposent la notion de traçabilité comme fil conducteur entre agriculture et art.

La question de la traçabilité est dʼabord au cœur de nombreux enjeux actuels en agroalimentaire, mais donne aussi lʼoccasion de faire plusieurs liens entre les productions agricoles et artistiques. En effet, la perspective dʼassurer lʼorigine, lʼoriginalité ou la différenciation dʼun produit par la traçabilité est une tendance croissante en agriculture, ce qui tend à favoriser des rapprochements avec des enjeux typiques au monde de lʼart. En agriculture, la traçabilité permet ainsi de retracer lʼorigine dʼun produit et de reconstituer son parcours, de sa production à sa distribution. Un phénomène similaire sʼobserve dans le monde de lʼart, où les œuvres dʼart sont nécessairement rattachées à leur auteur.e, depuis leur genèse jusquʼà leur
présentation. Dans un domaine comme dans lʼautre, la « traçabilité » garantit, authentifie et indexe la valeur (monétaire, esthétique, qualitative) du produit, du geste ou de lʼaction; la traçabilité rassure, même, lʼacheteur ou le consommateur; en art, la signature et lʼattribution orientent la réception de l’œuvre par le public et confortent le marché ou les musées.

Les angles possibles :

  • Le lien au territoire, permis par la traçabilité, par le fait de retracer lʼorigine dʼun produit, dʼune œuvre. Le territoire, cʼest le paysage, cʼest son esthétique, sa transformation, cʼest la marque du temps. Il y a une valorisation de cette appartenance au lieu par la traçabilité.
  • La garantie dʼauthenticité, du savoir-faire, des pratiques, la mise en valeur de sujets de race ou de haute génétique, dʼune technique singulière.
  • La signature dʼun produit, et la certification, qui rassure sur lʼidentité, donne de la valeur ajoutée, crée un lien entre un produit et un individu ou une entreprise.
  • Derrière la traçabilité, il y a aussi les outils qui la permettent. Des moyens plus simples comme une signature ou un étiquette, à des technologies plus sophistiquées de puces, de codes-barres ou autres. Dʼailleurs, l’agriculture et l’art sont également des secteurs de pointe et dʼinnovation technologique.
  • Les lieux de formation et de recherche qui participent, à leur façon, à marquer le parcours dʼune personne dans sa profession, en lʼexposant à des influences qui auront un impact sur ses manières de faire, par concordance et reproduction ou par dissociation et distinction. Par le fait même, lʼapport de lʼinscription de la personne/de la production, dans une filière, un réseau.
  •  Les expositions et les foires qui marquent le parcours des productions artistiques, et parfois agricoles, contribuant à hausser leur notoriété ou à les primer.
  • La gestion et la traçabilité des différents intrants, matériaux ou collaborations (sous-traitance), qui entrent dans la production et leurs effets en termes de qualité ou dʼefficacité.

    CONDITIONS DE RÉALISATION PROPOSÉES

    Les commissaires souhaitent provoquer une rencontre plus aboutie entre agriculture et art en sollicitant des projets, inédits ou non et, pour certains, réalisés in situ. Les œuvres seront donc « informées » par le terrain agricole (innovations techniques, recherches scientifiques, etc.). Ainsi, la présence dʼIsabelle Charron permettra aux artistes qui le souhaitent dʼobtenir un contact direct avec des acteurs du secteur agricole (producteurs agricoles, centres de recherche, établissements dʼenseignement, etc.) ou dʼaccéder, lorsque possible, à leur milieu de travail. De lʼexpertise sera également mise à disposition pour échanger sur des enjeux agricoles qui pourraient alimenter les réflexions et lʼarrimage avec le thème proposé. Ainsi, selon lʼintérêt démontré, des échanges individuels ou en groupe pourront se faire entre la co-commissaire et les artistes désirant comprendre ou sʼapproprier certaines réalités agricoles au cours de leur processus créatif.

    À PROPOS DE LʼÉVÉNEMENT

    ORANGE se veut une manifestation artistique triennale structurée tel un laboratoire de réflexion qui, par le biais d’expositions, d’interventions, de conférences et de projections, aborde les diverses problématiques liant l’art actuel à l’agroalimentaire. En présentant des oeuvres inédites d’artistes professionnels du Québec, du Canada et de l’étranger sur le territoire de Saint-Hyacinthe et dans la région du Kamouraska, ORANGE désire promouvoir lʼart actuel au Québec, au Canada, et d’une façon plus particulière dans la région hôtesse de l’événement. Une publication est également produite à la suite de chaque édition de ORANGE, dans le but de poursuivre la réflexion entamée lors de la tenue de celle-ci et de susciter un questionnement relatif aux considérations du citoyen du 21e siècle.
    La première édition de ORANGE (2003) présentait les divers aspects reliant la pratique artistique contemporaine et la nourriture. La deuxième édition, como como (2006), a pour sa part emprunté une voie plus politique, les œuvres d’art présentées questionnaient alors nos manières de sʼalimenter. Dans le cadre de la 3e édition, Il Nostro Gusto (2009), la réflexion des commissaires s’articulait davantage à partir de la notion d’éthique dans l’agroalimentaire. À lʼautomne 2012, sous le titre Les Mangeurs, la quatrième édition
    abordait les liens entre la nourriture et la mort. Les deux volets (exposition et art performance) de la dernière édition, Les Viscéraux (2015), proposaient une réflexion autour des pulsions de faim et de création.

    À PROPOS DES COMMISSAIRES

    Isabelle Charron
    Agroéconomiste de formation, Isabelle Charron est présidente depuis 2013 du Groupe AGÉCO, cabinet conseil spécialisé dans le secteur agroalimentaire et le développement durable. Elle a joint les rangs de lʼentreprise dès sa fondation en 2001 et y devient associée en 2009. Ses domaines dʼexpertise touchent les planifications stratégiques sectorielles, les politiques dʼachat local et responsable, les études de marché, et la main-d’œuvre. Isabelle a développé une expertise de pointe dans les approches qualitatives basées sur
    les entrevues, lʼanimation de groupes de discussion et lʼaccompagnement de dirigeants. Au fil des ans, elle a acquis une connaissance fine des secteurs de la production porcine, de la pomme de terre, des produits forestiers non ligneux, de lʼacériculture et de lʼhorticulture. Elle travaille étroitement avec lʼensemble des acteurs de la filière agroalimentaire, allant de la production agricole en passant par la transformation et la distribution alimentaire. Forte de sa notoriété dans le secteur agroalimentaire québécois, Isabelle parcourt la province depuis de nombreuses années pour agir à titre dʼexperte lors de conférences sur des thématiques dʼactualité agroalimentaire. Elle est membre de lʼordre des Agronomes et siège sur le comité organisateur des Perspectives agroalimentaires du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ).
    Marie-Ève Charron
    Critique dʼart au quotidien Le Devoir (2001-2003 ; 2007 à ce jour), Marie-Ève Charron est historienne de lʼart diplômée de lʼUQAM (1999) et de lʼUniversité de Montréal (2003). Elle a été commissaire des expositions de groupes Le désordre des choses (avec Thérèse St-Gelais, Galerie de lʼUQAM, 2015), Archi-féministes ! (avec Thérèse St-Gelais et Marie-Josée Lafortune, Optica, 2012-2013) et Au travail (Musée régional de Rimouski, 2010). Elle a plus récemment collaboré avec Kim Waldron pour ses expositions Superstar (Galerie FOFA, 2016) et Made in Québec (CIRCA, 2017). En plus de contribuer à des ouvrages, portant entre autres sur les pratiques des Fermières Obsédées, de Michael Merrill et dʼAnthony Burnham, elle
    publie régulièrement dans les revues dʼart (Parachute, Espace, Ciel variable, Mix Magazine), en particulier chez Esse, arts et opinions où elle a fait partie du comité de rédaction. Depuis 2004, elle enseigne lʼhistoire de lʼart au Cégep de Saint-Hyacinthe ainsi quʼà lʼUQAM comme chargée de cours. Ses recherches et activités portent sur lʼexercice de la critique dʼart et sur les représentations de lʼartiste dans les œuvres dʼart comme dans les discours théoriques. Dans la foulée de ses plus récents travaux, elle sʼintéresse aux nouvelles formes dʼengagement politiques et féministes de lʼartiste.
    Dépôt de dossier électronique seulement

    Votre dossier doit comprendre :

  • Une proposition de projet incluant vos intentions et problématiques principales de travail (500 mots);
  • Votre démarche artistique (env. 500 mots);
  • Votre curriculum vitae;
  • Un maximum de 20 images numériques numérotées (fichiers JPG nʼexcédant pas 1 Mo ou 1024 x 768 pixels; total de 10 min. max. pour les vidéos);
  • Une liste détaillée de vos images ou vidéos, avec de très courtes descriptions si nécessaire;
  • Une revue de presse pertinente si existante;
    Veuillez nous faire parvenir votre dossier au plus tard le jeudi 15 juin 2017
    Par courriel à : orange@expression.qc.ca (objet : Appel de dossier 2018 – artistes)
    Le dossier complet ne doit pas excéder 15 MoUne confirmation de réception vous sera transmise par courriel. Seuls les artistes dont le dossier aura été retenu seront contactés. La décision sera rendue en août 2017.