Budget Marois : poursuite d’une régression tranquille du financement des arts

Communiqué publié par le CQT

Le [Conseil québécois du théâtre->http://www.cqt.ca/] (CQT) accueille avec une amère déception le premier budget du gouvernement Marois. Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, annonçait avec fierté une hausse de 2,1 % des crédits alloués au ministère de la Culture et des Communications (MCC) malgré un contexte budgétaire particulièrement difficile. Or, une lecture juste du cadre financier jette un tout autre éclairage sur cette affirmation, puisque l’essentiel de cette hausse se trouve déjà largement affectée, PPP symphonique et services de la dette du ministère obligent. De plus, les crédits budgétaires récemment déposés permettent de constater l’ampleur du fossé existant entre un certain discours triomphaliste voulant que le soutien aux arts et à la culture ait été protégé, voire favorisé, et l’épreuve des faits.

Parallèlement, le MCC se voit dans l’obligation d’amputer divers programmes et organismes à hauteur de 10 M$, dont certains dédiés au développement de publics et à la médiation culturelle, missions pourtant essentielles à l’ensemble des organismes artistiques. Quant au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), société d’État vouée au développement des organismes en arts de la scène, celui-ci doit à nouveau composer avec un gel des enveloppes consacrées à ses programmes d’aide. Une situation aggravée par l’augmentation constante du coût de la vie qui se répercute aussi dans la création, la production et la diffusion des œuvres artistiques, accentuant ainsi une régression tranquille du soutien public aux organismes artistiques professionnels. Ce contexte perdure maintenant depuis plusieurs années. Un tel statu quo explique donc bien mal l’enthousiasme ambiant voulant que les arts et la culture figurent parmi les grands rescapés de ce cadre financier à saveur d’austérité du gouvernement Marois.

Que le budget de la Culture ait été présenté de façon aussi parcellaire relève alors d’un exercice de relations publiques tendancieux de la part d’un parti qui promettait pourtant de « faire de la politique autrement ». Quelque 100 jours dans le siège du pouvoir donneraient-ils déjà de mauvais plis? Après s’être engagé envers les arts et la culture lors de la campagne électorale, vision audacieuse chiffrée à la hauteur de 90 M$, c’est finalement un statu quo qui est imposé aux arts professionnels par ce gouvernement. Autant dire une grande désillusion. Le gouvernement Marois rétorquera que les promesses faites en campagne électorale s’inscrivent dans la durée, que les finances de l’État se sont révélées plus contraignantes que prévu, que le retour à l’équilibre budgétaire doit impérativement guider la gestion du Trésor public, autant d’arguments valables qui ne sont pas sans rappeler l’arrivée au pouvoir de tout parti politique. Le CQT demeure donc grandement sceptique quant à la pleine volonté du gouvernement Marois de contribuer à un réel développement des arts au Québec. Nous souhaiterions avoir tort.