Culture et campagne électorale

Peut-on espérer qu’avec une campagne électorale aussi longue, la culture aura le temps de se faufiler parmi les enjeux électoraux? Je rêve que bien avant la 76<sup>e</sup> journée de la campagne, à court de sujets, les candidats exploreront d’autres préoccupations que celles que l’on connaît déjà.

Lors d’élections provinciales, sans jamais faire partie des enjeux principaux, la culture finit, tant bien que mal, à se glisser dans les plateformes électorales, souvent, et d’abord, à titre de vecteur d’identité. Au fédéral, la culture ne bénéficie pas d’un sceau identitaire aussi fort et par conséquent, passe souvent inaperçue. Pourtant, {{l’apport des instances canadiennes}} aux arts et à la culture québécoise est des plus importants et vaut la peine qu’on s’y attarde.

{{{Soutien des arts au fédéral}}}

Savez-vous que, bien que l’on compte 10 provinces et 3 territoires canadiens, bon an, mal an, les artistes et organismes artistiques québécois vont chercher près du tiers (45,7 M$) du budget total (142,1 M$, en 2013-2014) des [bourses et des subventions versées par le Conseil des arts du Canada->http://www.culturemonteregie.qc.ca/Diagnostics-portraits-guides-et] (CAC)? Ce qui démontre bien la vitalité des arts et la force des créateurs québécois puisque les enveloppes sont tributaires du nombre de demandes et que ces dernières sont évaluées au mérite. Il y a de quoi être fier!

De plus, en additionnant les montants des bourses et des subventions versées au Québec par le Conseil des arts et des lettres du Québec (près de 86 M$) et le CAC (45,7 M$), on constate que le tiers des fonds proviennent du CAC. C’est donc dire que l’impact du CAC au Québec est très important. Ça vaut la peine d’en faire un enjeu, non?

{{{Et Radio-Canada?}}}

Par ailleurs, à la suite des coupes répétées avec lesquelles a dû composer Radio-Canada, le sort du diffuseur public est fort préoccupant. S’ajoutant à la révolution numérique, à l’évolution du secteur de la production et de la diffusion télévisuelles et à la baisse des revenus publicitaires, les {{compressions du financement étatique}} n’aident en rien le positionnement du diffuseur public sur l’échiquier médiatique canadien et québécois.

Dans quelle mesure Radio-Canada saura-t-elle poursuivre son rôle dans le {{développement de la culture}} francophone? Textuellement, sur le site du service français de Radio-Canada, sous l’onglet engagements, à la section [envers la culture->http://servicesfrancais.radio-canada.ca/nos-engagements/envers-la-culture/], on peut y lire : « Dans l’univers médiatique extrêmement changeant d’aujourd’hui, les francophones ont besoin plus que jamais de voir leur vie et leur réalité reflétées et communiquées d’une manière qui leur ressemble. » Et puis à la section envers les régions : « Alors que les choix médiatiques sont pratiquement illimités, nos liens avec les régions sont un puissant facteur de cohésion nationale. C’est à notre antenne que les francophones trouvent tout naturellement ce qui intéresse et concerne directement leur région. Jour après jour, nos contenus sur l’ensemble de nos plateformes permettent de rendre compte des réalités multiples des francophones dans un pays qui s’étend sur 7 000 kilomètres. » Est-ce suffisant pour en faire un enjeu électoral? Le premier ministre du Québec le croit, puisqu’il a [interpellé les chefs des partis->http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/actualites/nouvelles/2015-08-14.asp] à se prononcer sur le sujet. Au moment de publier ce texte, seul Justin Trudeau s’est prononcé.

{{{Votez arts}}}

La Coalition canadienne des arts a mis en ligne une [trousse électorale->http://www.lacoalitioncanadiennedesarts.com/archives/1178] pour interpeller nos députés sur l’importance de {{parler de culture}} pendant cette campagne électorale. Plusieurs statistiques, conseils et outils y sont disponibles.

J’y ai appris que je fais partie des 650 000 Canadiens qui occupent un emploi lié à la culture (7 % de la population active). Il est important de rappeler que le {{PIB de la culture}} se chiffrait à 48 milliards de dollars en 2010 (3 % du PIB total du Canada). C’est plus que les secteurs de l’hébergement et de la restauration (32 milliards) ou de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse (23 milliards).

Et puis, alors que les différents partis parlent sans cesse d’équilibre budgétaire, il est particulièrement agréable de chiffrer ce que la culture rapporte directement au Gouvernement. Le secteur culturel a {{généré près de 25 milliards}} de dollars en taxes et impôts à tous les paliers de gouvernement en 2007, soit plus du triple des 7,9 milliards de dollars qu’ils ont consacrés à la culture la même année.

Dans les prochains jours, le CMCC interpellera les candidats fédéraux montérégiens, tous partis confondus. Nous sommes à préparer notre trousse pour faire de la culture notre {{enjeu électoral fédéral 2015}}! Et vous?

<quote>Dominic Trudel
Directeur général</quote>

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