Démystifier la relation arts affaires, une utopie?

Le 9 mai dernier, Culture Montérégie tenait une journée exploratoire sur l’intégration du numérique en culture. Comme conférencier d’ouverture, nous avons reçu Mériol Lehmann, artiste et consultant en culture numérique. J’ai peut-être trouvé, dans la présentation de Mériol intitulée Numérique et culture : pour une réappropriation des « utopies réalistes », des concepts clés pour parler des impératifs de l’interaction arts-affaires.

Pensée numérique

Mériol m’a fait prendre conscience que l’avènement du numérique, c’est bien au-delà d’une question technologique, il s’agit d’une façon de penser, de travailler et de se comporter. Force est d’admettre que la « pensée numérique » est dans l’ADN du milieu culturel. Les centres d’artistes, par exemple, sont parmi les précurseurs du modèle des espaces de travail partagés (coworking) ainsi que des Fab Labs et Médialabs. En effet, depuis les années 1960, les centres d’artistes fonctionnent selon les mêmes principes de base, c’est-à-dire dans un esprit de communauté et par le partage des ressources. Dans les concepts de numérique, de start-up et d’art, on retrouve une vision et des valeurs similaires : adopter une nouvelle façon de penser, être créatif, vouloir innover, être en constante évolution, remettre en question et avoir comme mot d’ordre la collaboration.

Pensée systémique

Mériol nous expliquait que n’importe quel organisme vit en système. En tenant compte du monde comme d’un ensemble d’éléments vivants et non-vivants, en interaction et en évolution continuelle, nous permet de revenir à une conception de la société beaucoup plus humaniste. La culture et les affaires font partie d’un même écosystème, même si, dans notre conception occidentale, nous les avons plutôt fait évoluer en silo. La pensée holistique, dont a fait mention Mériol, nous rappelle qu’à travers l’évolution, la nature forme des ensembles dont le tout est supérieur à la somme des parties. La prochaine fois que je serai appelée à expliquer la valeur de l’art pour les affaires, je me rappellerai que, pour comprendre le monde, mieux vaut le regarder dans sa globalité et que pour le changer, on gagne à travailler de façon intersectorielle.

Dans le cadre d’une entente avec le Courrier du Sud, Sabrina Brochu, agente de développement et de services aux membres à Culture Montérégie, et responsable du projet Arts Affaires Montérégie, publie chaque mois une chronique arts affaires. Avec la permission de l’hebdomadaire, nous les regroupons ici pour consultation. Bonne lecture!