Des souliers ferrés

Ceci est mon dernier billet. Le premier que j’ai écrit, en décembre 2010, parlait des « beaux grands souliers » laissés par mon prédécesseur, Christian LaForce. Cinq ans plus tard, ce sont des souliers ferrés que j’emporterai dans ma valise en quittant le CMCC et que je déballerai au Conseil québécois de la musique. Si les fers sont recommandés, ce n’est pas pour danser la claquette, mais bien pour accueillir les défis qui m’attendent à mon nouveau poste, les pieds solidement posés au sol. Oui, mes 13 années au CMCC m’ont formé et outillé pour la suite.

Qui dit nouveau départ, dit aussi, réflexion sur le passé. Au moment des bilans, on souhaite tous brandir haut et fort ses faits d’armes, statistiques à l’appui. Le travail du CMCC étant souvent dans l’ombre, les victoires se traduisent rarement par des gestes d’éclat. Cependant, il est bon de se rappeler que le CMCC n’est pas étranger à la réussite des ententes de développement régionalisées, tant celles avec le ministère de la Culture et des Communications (MCC), qu’avec le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). À plusieurs reprises, certaines enveloppes dédiées au milieu culturel de la région auraient été perdues si le CMCC n’était pas intervenu dans les négociations, ou encore, s’il n’avait pas mis en œuvre de véritables opérations de sauvetage. En plus de participer activement à la concertation régionale menée par ses partenaires, le CMCC a souvent été à l’origine des mécanismes mis en place et des orientations adoptées par les diverses instances. Après 13 ans au CMCC, j’aime croire qu’il y a eu un peu de moi là-dedans. Un peu, beaucoup… je ne saurais dire, mais je sais que je n’ai pas été seul au combat. Tout au long de mon parcours, que ce soit à titre d’agent de développement, de coordonnateur de la concertation et du développement ou de directeur général, j’ai été épaulé par de solides équipes. Merci à vous tous, membres du conseil d’administration et employées. Mes succès sont les vôtres, les nôtres.

Mon président (oui, Sylvain est encore MON président jusqu’au 2 octobre) m’a fait remarquer que depuis mon embauche en 2002, j’ai « survécu » aux 3 CRÉ, à 6 élections municipales, à 5 élections provinciales et à 5 élections fédérales. De là, le travail soutenu qui se transforme en victoires, et qui me ramène à la raison d’être du CMCC : représenter et défendre les intérêts de la culture. À chaque élection, à chaque remaniement de structures, à chaque changement de répondants, il faut expliquer, convaincre, et s’assurer que les arts et la culture aient leur place dans le développement local et régional. Je pars avec le sentiment d’avoir su incarner la mission du CMCC. J’en suis très fier.

Bien entendu, les enjeux régionaux avec lesquels j’ai jonglé au cours des dernières années demeurent. La gouvernance régionale, le financement de la culture et la concertation territoriale seront, plus que jamais, au centre des préoccupations de l’organisme. Ces enjeux n’ont-ils pas toujours été le moteur des actions du CMCC? Malgré les avancées, rien n’est jamais acquis. Pour ma part, je serai davantage interpellé par les enjeux nationaux propres au secteur de la musique. Mon expérience m’a prouvé à maintes reprises qu’il n’y a pas que la métropole et la capitale qui colorent les enjeux nationaux. Les régions aussi y jouent un rôle. Je tâcherai de m’en souvenir.

En terminant, je souhaite la meilleure des chances à mon successeur, Franck Michel. Je quitte en paix. Il arrive avec un solide bagage et on me dit que, lui aussi, il a des fers à ses souliers…

Dominic Trudel

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