Du côté des musées

Le 8 août dernier, le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. Luc Fortin, a dévoilé les grandes lignes des investissements destinés aux institutions muséales en 2016-2017, dans le cadre du Programme d’aide au fonctionnement pour les institutions muséales (PAFIM).

Rappelons que le programme a été complètement remodelé et les critères, révisés. Les musées admissibles ont fait l’objet d’une évaluation nationale basée sur de nouveaux critères, la première depuis plus de quinze ans. De plus, 11 institutions reconnues par le ministère de la Culture et des Communications (MCC), mais jusqu’à présent non soutenues au fonctionnement, avaient été jugées admissibles à ce programme, première ouverture depuis de nombreuses années.

Attentes et inquiétudes

Les attentes étaient donc grandes de la part du milieu de la muséologie québécoise. Les inquiétudes aussi, car il était possible que de nouveaux musées soient soutenus, d’autres augmentés, et ce, avec une enveloppe budgétaire sensiblement la même que celle des années précédentes, soit près de 17 millions de dollars. Donc, forcément, il y aurait des perdants.

Finalement, le MCC accordera une aide financière au fonctionnement à 92 institutions muséales à travers le Québec. De ce nombre, six institutions muséales nouvellement admises vont recevoir une aide au fonctionnement triennal pour une toute première fois : l’Odyssée des bâtisseurs, le Site historique maritime de la Pointe-au-Père, le Monastère des Augustines, Boréalis, le Musée du Centre commémoratif de l’Holocauste et, en Montérégie, le Musée du Haut-Richelieu.

Un réseau affaibli

Par contre, dans le renouvellement de son processus, le MCC a exclu une vingtaine d’institutions muséales autrefois admissibles au PAFIM (des lieux d’interprétation jugés de portée locale). Bien que celles-ci pourront profiter d’une aide financière transitoire pour les quatre prochaines années, elles risquent de disparaître faute de financement étatique. Dans la même veine, les musées reconnus et non soutenus à caractère scientifique, technique et industriel ont également été jugés non admissibles au PAFIM. C’est le cas du Biophare à Sorel-Tracy. Ces nouvelles mesures ont pour conséquence l’effritement du milieu muséologique québécois et, par le fait même, son affaiblissement.

En Montérégie, un seul musée a été augmenté, quatre autres ont subi des coupures, particulièrement importantes pour deux d’entre eux. Il va sans dire que les diminutions de subvention de ces institutions de petite taille, déjà très fragiles et sous-financées, auront des conséquences désastreuses sur leur fonctionnement. Acteurs essentiels à l’échelle locale, régionale et dans certains cas, nationale, il est à craindre que ces musées peinent à remplir pleinement leur mandat et leur mission muséologique.

Rappelons pour mémoire la définition d’un musée telle que proposée par le Conseil international des Musées (ICOM) : « Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation ». Comment exiger d’un musée placé sous respirateur artificiel qu’il remplisse efficacement toutes ces fonctions? Sans compter l’impact sur les conditions de travail, déjà d’une précarité déplorable. Bref, la situation est alarmante et si rien n’est fait au cours des prochaines années par le MCC pour palier ce sous-financement accru, on peut s’attendre au pire : la fermeture de certains d’entre eux, entraînant de nombreux dommages collatéraux pour le développement culturel, touristique et économique des communautés et régions concernées et pire encore, laissant des trous béants dans la conservation et la sauvegarde de notre patrimoine collectif.

Considérant cette situation des plus préoccupantes, le CMCC travaille à la mise sur pied d’un comité muséologie qui aura pour mandat de réfléchir à l’avenir du réseau muséologique montérégien, de le représenter, de le soutenir et de l’accompagner à trouver des pistes de solutions.

Nous aurons très certainement l’occasion d’y revenir dans les prochains mois, le dossier muséologie est loin d’être clos.

Franck Michel


Information complémentaire (source : site Web de la Société des musées du Québec)

Appel de projets pour le soutien à la concertation et à l’innovation pour les musées en région

Le programme de soutien à la concertation et à l’innovation, destiné aux institutions muséales reconnues situées en région, sera doté d’une enveloppe budgétaire de 500 000 $. Ce montant sera octroyé pour l’exercice financier en cours dans le cadre d’un appel de projets. L’objectif du programme est, selon le MCC, « d’amener les intervenants du réseau muséal situés en région à mettre en commun leurs ressources et leurs compétences afin de réaliser des projets originaux, stimulant la créativité et le partenariat ». La SMQ a appris que le Ministère souhaitait prioriser la concertation, la mise en réseau et le partenariat entre les intervenants du secteur muséal en région puisqu’il considère que les ententes actuelles de développement culturel avec les villes de Montréal et de Québec permettent ce genre d’initiatives. La demande d’aide financière devra être transmise d’ici au 13 novembre 2016.

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Appel de projets pour le soutien des expositions permanentes et itinérantes

L’appel de projets est lancé ! Dotée d’une enveloppe de 12 M$, dont 6 M$ sont destinés aux musées d’État et 6 M$ aux institutions muséales reconnues privées, cette mesure, selon le MCC, a pour objectifs de : « renouveler ou bonifier la qualité de l’offre muséale, d’augmenter l’accès aux collections, de mettre à niveau technologiquement les expositions permanentes et itinérantes, de développer la dimension éducative des expositions et d’accroître la vitalité régionale autour des institutions muséales ». Le volet 1 dédié aux expositions permanentes est destiné aux musées et aux lieux d’interprétation reconnus, soutenus ou non au fonctionnement. Le volet 2 dédié aux expositions itinérantes s’adresse, quant à lui, aux musées, aux lieux d’interprétation et aux centres d’expositions reconnus, soutenus ou non au fonctionnement. Le dépôt des demandes a été fixé au 25 novembre prochain.

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Du nouveau pour les centres d’exposition soutenus au fonctionnement par le CALQ

À la suite de l’obtention de crédits supplémentaires découlant de l’adoption du budget 2016-2017 du gouvernement du Québec, les 14 centres d’exposition soutenus au fonctionnement par le CALQ recevront pour l’année en cours une aide financière additionnelle non récurrente pour des projets visant le développement des jeunes publics de 4 à 11 ans. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les centres d’exposition.

 

 

 

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