Entreprises VS individus

Je me suis replongée, dernièrement, dans ce qui sera probablement reconnu comme un classique de la lecture sur la philanthropie au Québec : le Rapport du groupe de travail sur la philanthropie culturelle, Vivement, pour une culture philanthropique au Québec!, plus souvent nommé « Rapport Bourgie », publié en 2013.

Le groupe auteur du rapport avait été mis sur pied avec des objectifs bien précis, dont comprendre le retard des Québécois en matière de philanthropie culturelle et proposer des pistes de solutions pour développer une nouvelle génération de mécènes. Le document présente des constats intéressants.

Cherche-t-on au bon endroit?

Selon Statistiques Canada, en 2011, les dons en culture provenant de particuliers représentaient un montant estimé à plus de 35 millions de dollars, alors que les sociétés donnaient environ 10 millions. Un sondage réalisé dans le cadre cette étude révèle que seulement 20 % des organismes culturels ciblent tous les types de donateurs, tandis que la grande majorité (88 %) vise principalement les entreprises privées, qui sont pourtant moins enclines à donner. Cette réalité s’explique, selon moi, par le fait que les dons individuels, plus nombreux, mais de plus petites valeurs, nécessitent une charge de travail plus lourde pour les organismes.

N’empêche, les organismes culturels auraient tout intérêt à explorer davantage les dons individuels. Dans ce contexte, ils seront intéressés d’apprendre que, selon le rapport Bourgie, les chances sont plus élevées d’obtenir le don d’un citoyen québécois lorsque ce dernier est sollicité soit dans un lieu public, par un appel lancé à la radio ou à la télévision, ou lors de collectes religieuses.

Le réseau d’abord

Que la philanthropie soit individuelle ou entrepreneuriale, elle commence toujours par une relation. Le premier réseau de donateurs des organismes artistiques et culturels est sans contredit leur public. Pour les dons d’entreprises, il y a plusieurs façons de développer une relation avec le milieu des affaires qui peut conduire éventuellement au don : les échanges de service, le prêt d’équipement ou le partage d’expertise. Toutefois, c’est le réseautage qui a un véritable effet. Soigner son réseau de contacts professionnels est le premier pas à faire. On se voit dans un prochain « 5 à 7 »?

Dans le cadre d’une entente avec le Courrier du Sud, Sabrina Brochu, agente de développement et de services aux membres au CMCC et responsable du projet Arts Affaires Montérégie, publie chaque mois une chronique arts affaires. Avec la permission de l’hebdomadaire, nous les regroupons ici pour consultation. Bonne lecture!