La transformation numérique, un buzzword?

D’entrée de jeu, je me ferai divulgâcheur. Celle-ci est loin d’être une lubie ou une mode passagère. Depuis les 10 dernières années, le train de la transformation ne cesse de prendre de la vitesse, nous laissant comme seules options, d’occuper le wagon de tête ou celui de queue. Le statu quo n’étant pas une option. S’il existe de multiples définitions à l’expression « transformation numérique », elles partagent toutes un point commun, celle-ci n’est assurément pas que technologique. Ce mois-ci, je vous partage quelques pistes pour démystifier cette fameuse transformation numérique et passer à l’action.

Faites-vous confiance!

Prenez un instant pour faire l’inventaire des outils numériques que vous utilisez pour communiquer, gérer un projet ou encore administrer votre organisme ou votre carrière. Souvent, sans qu’on s’en aperçoive, le numérique nous est devenu indispensable pour une multitude de tâches quotidiennes. Vous n’interagissez plus avec vos publics ou votre clientèle via les mêmes canaux qu’il y a à peine quelques années. Il y a fort à parier aussi que la quasi-totalité de vos relations soit facilitée de manière numérique.

L’enjeu principal : la culture

Si la transformation numérique n’est pas d’abord technologique, sur quoi repose-t-elle alors? Ici aussi, il semble y avoir consensus. Le plus important serait le changement de culture organisationnelle.  C’est pourquoi il faut réfléchir en mode « co », de la collaboration au codéveloppement en allant même jusqu’à la coopétition. Le numérique nécessite d’envisager les enjeux avec une approche transversale.

La notion de partage est une autre clé de cette transformation. Il y a certes le partage d’expertise, mais aussi la mutualisation de ressources ou même de données. Pensons par exemple au portail « Données Québec »  où nous pouvons publier des données ouvertes qui pourront être accessibles et réutilisées ensuite par d’autres.  La Société des musées du Québec (SMQ) a ouvert le bal en y déposant un premier jeu de données récemment.

Selon une étude menée par le Harvard Business Review auprès de 400 cadres, pour 55% d’entre eux, le plus grand frein à la transformation numérique serait culturel. Pour accélérer celle-ci, il est incontournable de réinventer les modèles et de revoir la chaîne de valeurs.

Garder la tête froide

La surabondance de solutions combinée au sentiment d’urgence, nécessaire pour initier la transformation, fait en sorte que souvent nous ne savons plus où donner de la tête. Le piège le plus important est celui de développer le complexe du « voisin gonflable ». Il faut à tout prix prendre des décisions en se concentrant sur nos besoins. À cet effet, La Machinerie des arts a développé un outil appelé Cartographie de ma transformation numérique pour nous aider à les identifier.

L’importance des petits pas

La transformation ne doit pas être concentrée dans un seul grand geste. Celle-ci est habituellement le résultat d’une série d’actions ou de petits pas. La réussite d’une première étape ou l’aboutissement d’un prototype entraînent à coup sûr un sentiment de fierté qui crée l’émulation. Travailler en microprojets est une bonne façon d’incarner rapidement et concrètement le changement. C’est aussi une bonne façon de susciter l’engagement et de combattre la résistance aux changements. Après tout, le succès engendre le succès!

Les artistes vs la transformation numérique

Pour reprendre les propos de Mériol Lehmann, il existe un lien naturel entre la culture et la pensée numérique. D’ailleurs, toutes les caractéristiques que nous venons d’énoncer et qui sont prédicatrices du succès d’une transformation numérique font naturellement partie de la réflexion et de la démarche des artistes. Pour approfondir davantage cette filiation innée,  je vous invite à continuer votre lecture avec un texte fort éclairant de Meriol Lehmann.

 

Christian Laramée
Agent de développement culturel numérique