Le pouvoir des affaires

Je suis particulièrement bouleversée par l’actualité ces jours-ci. Les bombardements en Syrie, la tuerie aux États-Unis, les nombreux combats au sein de notre système de santé. À différents degrés, les maux de notre société sévissent.

Du 16 au 18 février derniers, s’est tenu, au Musée des beaux-arts de Montréal, le Forum le pouvoir des arts organisé par la Fondation Michaëlle Jean. Sous le thème « les arts, des armes pour la paix », ce véritable marathon de conférences, tables rondes et ateliers a permis de mettre en lumière de nombreux cas exemplaires du pouvoir d’action et de transformation de l’art dans plusieurs sphères de notre société. Il est difficile de constater, au retour au bureau, que cet événement et surtout les constats inspirants qui y ont été présentés n’aient pas réussi à joindre un plus large public.

Dialogue essentiel

Au forum, nous avons reçu des preuves tangibles, plusieurs appuyées par des recherches universitaires, de l’impact de l’art sur, entre autres, l’intégration des nouveaux arrivants, la réconciliation entre les communautés, la stimulation à la participation démocratique, la prévention ou le démantèlement de situations d’oppression et de violence. Autant au sein de la collectivité que pour l’individu lui-même, l’art est un vecteur d’émancipation et de mieux-être.

À ma connaissance, mise à part la présence de Vermillon Energy et de quelques représentants de fondations philanthropiques privées, dont Brian Bronfman et Barry Cole, le milieu des affaires brillait par son absence. Pareil pour nos interlocuteurs des secteurs politiques, de la santé, de la justice et du monde municipal. « La cohésion sociale se construit dans le dialogue », énonçait Michaëlle Jean dans son mot d’ouverture. Encore faut-il que chacun d’entre nous participe à la conversation, à sa façon, et selon ses capacités.

Changer le monde

Si l’art peut faire une différence pour l’individu et pour la société, il a tout de même besoin de soutien pour avoir le pouvoir d’agir. Le devoir du citoyen corporatif responsable est aussi de poser des gestes détachés de tout intérêt de type « retour sur investissement ». La philanthropie est un acte désintéressé qui a le pouvoir de changer le monde. L’art est assurément une arme de « construction massive », mais le combat doit être mené collectivement.

 

Dans le cadre d’une entente avec le Courrier du Sud, Sabrina Brochu, agente de développement et de services aux membres à Culture Montérégie, et responsable du projet Arts Affaires Montérégie, publie chaque mois une chronique arts affaires. Avec la permission de l’hebdomadaire, nous les regroupons ici pour consultation. Bonne lecture!