Les yeux sur le radar

Franck-Michel-directeur-general-CMCC-webVoilà déjà un mois que je suis en poste et que j’ai le privilège de découvrir jour, après jour, la culture montérégienne : une culture diversifiée, vivante et dynamique. Mon prédécesseur, Dominic Trudel, a accompli un mandat exemplaire à titre de directeur général du CMCC. Sur le plan régional, il a su jouer un rôle phare des plus actifs, tisser de nombreux liens et multiplier les collaborations. La barre est donc très haute d’autant plus que les défis et les écueils potentiels sont nombreux, tout en étant toutefois fort stimulants. À la suite du démembrement de plusieurs structures de concertation régionale, avec lesquelles le CMCC collaborait étroitement, le rôle de notre organisme est en partie à réinventer. Nous devons trouver de nouvelles manières de coopérer avec les instances municipales et régionales pour éviter à tout prix que les précieux acquis des dernières années ne deviennent caducs.

Retour sur les élections fédérales 2015

Sur la scène fédérale, nous amorçons également une période de grands changements. On l’a constaté et répété, la culture était la grande absente de la campagne électorale. Le milieu culturel s’est toutefois mobilisé pour lancer des rappels sur l’importance de la culture et interpeller les candidats pour qu’elle soit plus présente dans les débats et les plates-formes électorales. Il est difficile de savoir si ces appels ont eu un impact ou non, mais tous les partis, de manière plus ou moins convaincante et plus ou moins frileuse, ont finalement annoncé des engagements, chiffres à l’appui, visant le développement culturel du pays. Les plus généreux, et aussi ceux dont les promesses étaient les plus détaillées, ont été les libéraux qui ont depuis accédé majoritairement au pouvoir.

Quelles que soient nos allégeances politiques, nous ne pouvons que nous réjouir de l’engagement libéral en matière de culture : annulation des coupes du gouvernement Harper, augmentation majeure des budgets du Conseil des arts du Canada, de Radio-Canada, de l’Office national du film et de Téléfilm Canada, bonification du Programme Jeunesse Canada au travail et un investissement rapide dans des programmes de soutien à la promotion et à la diffusion internationale. Ce gouvernement semble indéniablement plus ouvert et plus enclin que son prédécesseur à considérer la culture comme un élément moteur du développement économique, social et identitaire du pays. Monsieur Justin Trudeau l’a lui-même énoncé : « La culture est un investissement et non une dépense. Elle crée des emplois, en plus d’être un secteur important de l’économie canadienne. » La culture devrait reprendre ses droits.

De la parole aux actes

Pour les artistes, les travailleurs et les organismes culturels, les retombées de cette stratégie s’annoncent des plus constructives. Si les engagements libéraux sont respectés, nous pourrions assister à un nouvel essor de la culture à travers le pays et de la culture canadienne à l’étranger. Et qui sait, peut-être que les libéraux du Québec leur emboîteront le pas…

Cela dit, devant tous ces nobles et louables engagements, restons prudents et surtout vigilants, rien n’est encore joué. Pour que les sommes annoncées deviennent un véritable levier pour la culture, elles devront être accompagnées d’une stratégie d’investissement et de répartition dans le milieu, surtout en ce qui concerne l’augmentation substantielle du budget du Conseil des arts du Canada (de 180 millions à 360 millions).

Dans les prochaines semaines, l’équipe du CMCC aura donc les yeux rivés sur le radar. Dans la mesure de notre mandat et de notre champ d’action, nous nous assurerons que ces promesses pleines d’espoir pour la culture ne restent pas lettre morte.

Franck Michel

Un commentaire

  • Meilleurs souhaits à la direction du CMCC et bienvenue dans la vaste Montérégie !
    Au plaisir de contribuer ensemble à son développement artistique et culturel.

Commentez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *