L’Union des écrivaines et des écrivains québécois déçue de la composition du nouveau Conseil consultatif de la lecture et du livre

Le 24 avril dernier, le ministre de la Culture, Luc Fortin, annonçait, par voie de communiqué, la nouvelle composition du Conseil consultatif de la lecture et du livre (CCLL).

Rappelons que le CCLL a comme mandat de donner son avis et de soumettre des recommandations au ministre sur les questions relatives à la lecture, au livre et à l’application du cadre législatif et réglementaire. L’avis du CCLL est obligatoire pour la délivrance de l’agrément pour un libraire, un éditeur et un distributeur.

Or, le ministre lui demande maintenant de jouer un nouveau rôle et de le conseiller au sujet de l’évolution nécessaire de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (Loi 51) et sa réglementation pour « faire en sorte que l’agrément demeure un atout pour les entreprises du milieu du livre et un gage de qualité pour les consommateurs », selon ses propres termes.

Le ministre Fortin ayant déjà mentionné que sa priorité dans la révision de la Loi 51 est l’accessibilité des livres, nous craignons que l’amélioration des conditions économiques des écrivains ne soit vue comme un obstacle. C’est pourquoi il nous apparaît important que des auteurs choisis pour siéger au conseil ne soient animés que par les préoccupations propres aux écrivains eux-mêmes. Pourtant, le ministre a nommé trois auteurs qui portent également le chapeau d’éditeurs. Nous sommes convaincus de la bonne foi et de la compétence de ces personnes, mais nous croyons qu’elles risquent de se retrouver fréquemment en porte-à-faux quand elles devront réfléchir sur les questions qui concernent la relation auteur-éditeur.

Actuellement, la Loi 51 ne balise pas les relations auteur-éditeur, se consacrant plutôt à toutes les autres relations commerciales du reste de la chaîne du livre. Ce chantier est pourtant très important : Denis Vaugeois, dans son rapport sur la révision de la Loi 51 commandé par le gouvernement actuel et publié en novembre dernier, insiste sur le fait que le paiement des droits d’auteur pose un problème qu’il est urgent de régler. Pour les écrivains, c’est un minimum.

L’UNEQ demande également que le gouvernement harmonise la Loi 51 et la Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur les contrats avec les diffuseurs (S-32.01). Les écrivains seraient ainsi mieux protégés.

L’absence d’écrivains à part entière au CCLL signifie qu’il n’y aura pas de voix pour porter uniquement ce point de vue et l’UNEQ le déplore. Elle estime que les écrivains méritent d’être représentés à part entière par des personnes qui ne portent qu’un seul chapeau. L’UNEQ demande donc au ministre de pourvoir ainsi deux des postes encore vacants au CCLL tout en rappelant que les créateurs que sont les écrivains sont des acteurs indispensables de la chaîne du livre sans lesquels celle-ci n’existerait pas.

À propos de l’UNEQ

Créée en 1977, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois regroupe plus de 1 600 poètes, romanciers, auteurs dramatiques, essayistes, auteurs pour jeunes publics et auteurs d’ouvrages scientifiques et pratiques. L’UNEQ travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l’étranger, de même qu’à la défense des droits socioéconomiques des écrivains.