Malgré les bonnes nouvelles

Dans le billet que je signe dans le Courrier du Sud, j’ai écrit la semaine dernière que tout porte à croire que le budget provincial de la culture pour la prochaine année ressemblera à celui que nous avons connu depuis les 15 derniers mois. J’aurais pu ajouter « malgré les bonnes nouvelles qui s’y trouvent ». Car bonnes nouvelles, il y a. Je ne peux passer sous silence l’octroi de 20 M$ au projet de complexe culturel de Longueuil, piloté par le Théâtre de la Ville, qui vient sceller un accord de principe, longuement attendu, essentiel à la poursuite de ce projet d’envergure. Il est plutôt rare que des investissements en culture pour la région soient confirmés lors de l’annonce d’un budget gouvernemental. Il y a de quoi se réjouir!

Autre bonne nouvelle, les investissements de 150 M$ pour la mise en œuvre de la stratégie culturelle numérique. Le Québec accuse un retard certain dans l’univers numérique, et on s’inquiète de plus en plus du peu de contenu artistique francophone d’ici qui s’y trouve. Il faut donc se bouger. On poursuit également les efforts avec Mécénat Placements Culture, et la part du budget provincial dédiée à la culture oscille toujours autour de 1 %; il semble que nous ne régressons pas. S’arrêtent là les bonnes nouvelles qui auront des répercussions en Montérégie.

Sans l’annonce des crédits, il est difficile de se prononcer sur les répercussions tangibles de ce budget. Le programme d’aide aux projets demeurera-t-il aussi pauvre? L’enveloppe dévolue aux initiatives de partenariat parmi lesquelles nous trouvons les ententes régionalisées sera-t-elle maintenue?

Nous espérions, entre autres, une augmentation du budget du CALQ de 13 M$, et, tel que recommandé dans le rapport Corbo, des sommes récurrentes dédiées aux Musées. Ce ne sera pas pour cette fois-ci. Naturellement, on peut se questionner quant à la durée de vie de ce budget. Après tout, la rumeur veut qu’il ne soit même pas soumis au vote de l’Assemblée nationale, les élections pouvant être déclenchées d’un moment à l’autre. On se tourne déjà vers ce que pourraient être les promesses électorales et on se croise les doigts pour que, de l’autre côté des élections, le budget qui sera présenté soit favorable à la culture. L’atteinte de l’équilibre budgétaire demeure une hantise restrictive, et la création d’emplois et de richesse sera vraisemblablement au cœur des préoccupations électorales. Ressortez vite vos études d’impact économique de la culture, on en aura besoin. Encore une fois.

Du côté du fédéral, le budget de la culture n’a pas été majoré. Toutefois, on note un gain non négligeable : certaines sommes qui, jusqu’à maintenant, étaient non récurrentes ont été attribuées à des programmes de façon permanente. Là aussi, au lendemain du budget, on parlait déjà des élections en 2015. Donc, une fois les élections provinciales passées, ne rangez pas vos études d’impact… Quelque chose me dit qu’on en aura encore besoin!

Dominic Trudel

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