Révolution de l’art

« L’enseignement des arts pourrait devenir plus important que les mathématiques dans un futur basé sur la technologie » – Andreas Schleicher, chercheur et expert en éducation.

Dans la 4e révolution industrielle marquée par l’avènement de la robotique et de l’intelligence artificielle, l’omniprésence de la technologie fait en sorte que les connaissances en science et en mathématique seront de moins en moins importantes. En basant son enseignement sur la mémorisation et les matières de base, l’école a tassé des compétences désormais recherchées et en grande partie développées par l’enseignement des arts telles que la curiosité, la créativité et la résilience.

L’art et le processus d’innovation

Miguel Aubouy, chercheur et consultant pour les entreprises, est celui qui m’a le mieux expliqué la corrélation entre l’art et l’innovation. Selon lui, le processus d’innovation se définit en trois étapes dont chacune est associée à une difficulté majeure à laquelle l’artiste peut répondre.

Se poser la bonne question

Il faut réconcilier la curiosité et l’obsession. Notre attention focalisée sur nos tâches de jour en jour nous laisse peu de place à l’observation. Pour capter la matière à innovation, il importe de poser un nouveau questionnement. Les artistes contemporains, selon Miguel Aubouy, sont les réceptacles de ces questions.

Formuler la bonne idée

Pour ce faire, il est nécessaire de trouver l’équilibre entre l’originalité et le lieu commun. En d’autres termes, une idée singulière doit tout de même s’inscrire dans l’ère du temps. Miguel Aubouy explique que l’art est décisif pour l’innovation par le simple fait d’exister et de nourrir l’ère du temps. Les grands centres d’innovation sont d’ailleurs des grands centres d’art.

Imaginer l’objet clé

Un innovateur ne fait jamais ce qu’il avait imaginé. Il importe donc de concilier l’identité et la métamorphose de l’objet inventé. Les artistes acceptent plus aisément les métamorphoses, car ils ont cette capacité à avancer et à évoluer dans le flou et dans les contraintes.

Pour favoriser le processus d’innovation, Miguel Aubouy y va de trois suggestions : visiter les lieux de l’art contemporain et non noble (underground), laisser vivre les artistes autour de soi, car ils construisent une atmosphère propice à l’innovation et travailler avec les artistes pour leur capacité de transposer une idée en réalité.


Dans le cadre d’une entente avec le L’Information d’Affaires d’ici, Sabrina Brochu, agente de développement et de services aux membres à Culture Montérégie, et responsable du projet Arts Affaires Montérégie, publie chaque mois une chronique arts affaires. Avec la permission de l’hebdomadaire, nous les regroupons ici pour consultation. Bonne lecture!