Une MRC se retire de l’entente territoriale avec le CALQ

La MRC de La Vallée-du-Richelieu a choisi de se retirer de l’entente territoriale avec le CALQ. Souhaitons que ce soit pour mieux s’y investir en 2020.

En se dotant d’un cadre d’intervention régional en 1999, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) allait permettre d’appuyer les artistes chez eux et de gommer l’iniquité du financement qu’il observait entre la métropole et les régions. En soutenant directement des projets de créations, ces bourses donnaient des moyens conséquents aux artistes qui pouvaient pousser plus loin leur démarche et bien sûr viser une excellence artistique autrement presque impossible à atteindre. De plus, en finançant autant les artistes que les organismes, l’appui du CALQ allait participer à dynamiser l’écologie du milieu culturel partout sur le territoire.

La négociation des ententes de partenariat territorial avec le CALQ en dehors de la structure des CRÉ a exigé de toutes les parties, des MRC comme du CALQ, des efforts considérables et des ajustements. Aujourd’hui, à la troisième année de leur déploiement, force est de constater que pour les artistes et organismes artistiques, mais aussi les municipalités et les MRC, l’effort en valait la peine. Plus de 36 projets en lien avec la communauté ont été soutenus depuis 2 ans et le CALQ ainsi que ses partenaires y ont injecté 507 650 $.

Ce programme, auquel contribue le CALQ en appariement des sommes investies par les MRC et municipalités, doit être analysé en fonction de certaines particularités qui lui sont propres. Notamment, l’impossibilité de voir les sommes investies par le CALQ en exacte concordance avec l’investissement des MRC pour chaque année. Il faut considérer l’investissement versus la contribution du CALQ sur une période de trois ans, puisque les projets varient en nombre et en besoin financier d’une année sur l’autre et que les projets retenus sont en fonction des projets présentés. Par exemple, la MRC de La Vallée-du-Richelieu y a investi 10 000 $ en 2017. Après deux ans, un total de 22 800 $ a été octroyé à des artistes et des organismes de la région.

Ces ententes constituent une porte d’entrée au CALQ pour les artistes et les organismes, qui peuvent notamment se prévaloir de l’appui du bailleur de fonds national avec une seule diffusion professionnelle obligatoire. Le jury de pairs leur permet aussi d’aller chercher une reconnaissance professionnelle qui agit comme un levier pour le développement de leur carrière. Ces ententes favorisent les projets avec et pour la communauté et constituent un facteur de rétention des créateurs dans leur région.

La Vallée-du-Richelieu est certainement parmi les régions de la Montérégie comptant le plus grand nombre d’artistes. Ils et elles se voient aujourd’hui dans l’impossibilité d’obtenir cet appui financier et cette reconnaissance qui peuvent être significatifs dans leur parcours. La Vallée-du-Richelieu n’est pas seule dans ce cas, puisque d’autres MRC ont choisi de ne pas signer d’entente avec le CALQ. Aux artistes et organismes des MRC qui sont dans cette situation, à vous d’interpeller vos élus et de faire valoir l’importance que vous attachez à ces ententes de partenariat.

En fait, à l’aube d’une nouvelle négociation pour trois ans avec le CALQ, cette demande s’adresse aux artistes de toute la Montérégie. D’autres régions du Québec ont déjà signé pour trois autres années. Et pour certaines, le Fonds d’appui au rayonnement des régions, le FARR, est même venu apparier les sommes investies par les MRC, que le CALQ a appariées à son tour. Ce partenariat à trois a permis de doter ces régions de fonds substantiels dédiés à la création et la réalisation de projets artistiques. Souhaitons que la Montérégie emboîte le pas pour les trois prochaines années.

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